
Oui, dans la quasi-totalité des cas. Votre bail comporte presque toujours une clause dite « de visite » : le locataire s'y engage à laisser visiter le logement pendant le préavis. Vous n'avez donc pas à négocier un droit, il est déjà écrit.
Premier réflexe : sortez votre bail et cherchez cette clause. Elle figure dans le contrat type depuis la loi ALUR, donc dans l'immense majorité des baux signés ces dernières années. Si elle y est, votre locataire est tenu de vous laisser organiser des visites pendant son préavis.
Si elle n'y est pas — c'est rare —, vous ne pouvez pas l'exiger. Vous le demandez. Et vous verrez qu'un locataire dit presque toujours oui, surtout si vous le laissez choisir ses créneaux.
En zone tendue, le préavis de votre locataire est d'un mois. Ce mois est votre seule fenêtre, et il ne se rattrape pas : un jour de retard, c'est un jour de loyer perdu.
Or les visites ont besoin de trois choses : des candidats, un logement présentable, et votre locataire encore sur place. Si vous attendez la dernière semaine pour commencer, vous n'avez plus le temps de faire visiter, de choisir, de faire signer et de caler l'état des lieux. Vous relouez en retard, ou vous bradez.
C'est pour ça que je place les visites pendant le préavis, jamais après.
Vous n'avez pas besoin de brandir la clause. Vous avez besoin qu'il vous ouvre sa porte. La différence est énorme.
Je demande deux créneaux, groupés, et je le laisse choisir lesquels. La formulation compte plus que le droit :
« Comme vous le savez, je vais devoir relouer l'appartement, et j'aurai besoin de le faire visiter pendant le préavis. Pour ne pas vous imposer des visites tous les soirs, je préfère tout regrouper sur deux créneaux. Vous préférez quoi : un soir en fin de journée, ou un après-midi de week-end ? »
Deux choses s'y jouent. D'abord, il choisit : un locataire qui choisit dit oui. Ensuite, je lui vends l'organisation comme un service — deux créneaux plutôt que des visites tous les soirs —, ce qui est vrai, et ce qui l'arrange autant que moi.
En pratique, ça se passe au téléphone, pas par écrit. C'est le premier des cinq points à obtenir lors de l'appel au locataire partant.
Si le choix vous revient, voilà ce que je fais dans mon deux-pièces parisien :
Deux sessions espacées de cinq jours, c'est aussi deux chances de conclure. Le désistement est fréquent : un candidat qui a dit oui peut changer d'avis trois jours plus tard. Avec un second créneau déjà calé, vous avez toujours une porte de sortie.
Trois arguments, dans l'ordre :
Ce dernier point a plus de poids qu'il n'y paraît. La plupart des locataires qui partent savent qu'ils seront de l'autre côté de la table dans quelques mois.
C'est le point 2 de la checklist « L'appel au locataire partant » — les cinq choses à obtenir au téléphone, avec les mots exacts. Elle est gratuite :
À PROPOS
Propriétaire d'un deux-pièces à Paris depuis 2013, en location sans interruption depuis 2019.
Ingénieur, je suis amener à recruter — c'est de là que vient la mécanique de la méthode Objectif Bail : un pipeline de candidats, des étapes claires, des messages écrits d'avance.
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