
Vous venez d'ouvrir le recommandé. Votre locataire s'en va.
En zone tendue, son préavis est d'un mois — et il court à partir de la date de réception du congé, pas de la date d'envoi. C'est cette date-là qui fixe la fin du bail, donc le jour où le logement se vide, donc le jour où vous cessez d'encaisser un loyer.
Un mois, ça paraît confortable. Ça ne l'est pas. Il faut publier une annonce, trier les candidatures, organiser les visites, choisir quelqu'un, faire signer un bail, caler un état des lieux. Et tout ça après le travail.
Chaque jour que vous laissez passer est un jour de moins pour caser vos visites pendant que votre locataire est encore là — donc un jour de plus de vacance à la fin.
Pas un SMS. Un appel, de vingt minutes, dans les jours qui suivent la réception du congé.
Ce que vous cherchez, ce n'est pas à être aimable : c'est à obtenir des choses précises. Les deux créneaux de visites pendant le préavis. La date et l'heure de l'état des lieux de sortie — idéalement un samedi, ou le matin, pour enchaîner sur le locataire suivant sans poser de congé. Ce qu'il faut réparer ou remplacer avant qu'il parte. Et le ménage, pour ne pas avoir à le facturer.
Un conseil sur la forme : annoncez l'appel par SMS la veille, en donnant un prétexte neutre — l'état des lieux. Vous l'aurez disponible et détendu, au lieu de le coincer entre deux portes.
Une fois les créneaux obtenus, tout le reste s'organise autour d'eux. Si le choix vous revient : le premier trois semaines avant la fin du préavis, le second cinq jours plus tard. Sur chaque créneau, vous groupez les visites toutes les 15 à 20 minutes, et vous panachez soirée et week-end.
Vous vous demandez peut-être si vous avez le droit de le faire. Oui : presque tous les baux comportent une clause de visite par laquelle le locataire s'engage à laisser visiter pendant le préavis. Vérifiez le vôtre — mais surtout, n'allez pas brandir la clause. Demandez-lui de choisir les créneaux, il vous les accordera.
Pendant que votre locataire vous répond, vous avez un peu de temps : celui de préparer l'annonce. Photos correctes, surface, DPE, charges, date de disponibilité. Et une règle que j'applique systématiquement : ne pas cacher les défauts. Pas d'ascenseur, traversée de la chambre pour aller aux toilettes, rue bruyante — dites-le.
Ce n'est pas de la générosité, c'est du rendement. Un candidat qui découvre un défaut rédhibitoire à la visite, c'est un créneau de visite perdu, et vous n'en avez que deux.
Le congé, c'est un compte à rebours d'un mois. Les premiers jours valent plus que les derniers : c'est là que vous obtenez les créneaux de visites, la date d'état des lieux et les petites réparations. Le reste — l'annonce, les candidatures, la signature — se déroule ensuite, à condition que ces trois choses-là soient posées.
L'appel au locataire partant est la première des sept étapes de la méthode. C'est aussi celle qui se rate le plus souvent.
À PROPOS
Propriétaire d'un deux-pièces à Paris depuis 2013, en location sans interruption depuis 2019.
Ingénieur, je suis amener à recruter — c'est de là que vient la mécanique de la méthode Objectif Bail : un pipeline de candidats, des étapes claires, des messages écrits d'avance.
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